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Message sur la plagiocéphalie

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Message du Docteur François-Marie CARON, Pédiatre à la Maternité Victor PAUCHET, sur la plagiocéphalie ! 

 

La recrudescence du nombre d’enfants atteints de plagiocéphalie, plus connue sous le nom de tête plate du nourrisson, inquiète l’association de défense des patients Le Lien. A tel point qu’elle a décidé de saisir la Haute Autorité de Santé à ce sujet, a-t-elle annoncé à l’occasion de la Journée mondiale contre les déformations crâniennes. Dans les colonnes du Parisien, l'association pointe du doigt la position de couchage sur le dos. Recommandé depuis 1994, ce mode de couchage permet de prévenir le risque de mort inattendue du nourrisson. En France, le nombre de décès est passé de 1 300 à environ 500 par an en très peu de temps grâce à ces préconisations. Aussi la prise de position de Lien, soutenue par des médecins, préoccupe les pédiatres. Ils craignent que les parents inquiets décident de coucher les enfants sur le côté, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses.

 

Entretien avec le Dr François-Marie Caron, pédiatre à la maternité d’Amiens et président du Réseau périnatal de Picardie.

 

Y-a-t-il vraiment une épidémie de plagiocéphalie ?

 

Dr François-Marie Caron : « La plagiocéphalie augmente en fréquence. Mais ce n’est certainement pas un problème de santé publique. Il faut continuer à diffuser les conseils de prévention de la mort subite puis de la plagiocéphalie, dans l’ordre. Le plus important est d’avoir réussi à faire diminuer de plus de 80 % le nombre de morts subites. C’est énorme. »

 

Tous les enfants sont-ils sujets à la plagiocéphalie ?

 

Dr François-Marie Caron : « Tous les enfants n’y sont pas obligatoirement sujets. Ceux qui sont déjà placés un peu de travers dans l’utérus de la mère sont plus à risques de développer une plagiocéphalie, en raison de la contrainte exercée par les parois de l’utérus. Mais cela peut être récupéré grâce à certaines précautions. Et dans le cas où les enfants souffriraient de torticolis, trouble décrit pour être responsable de la tête plate, il faut confier l’enfant à un kinésithérapeute. Bien sûr, pour ceux qu’on laisse toute la journée sur le dos avec la tête bloquée sur un côté, il est évident que la tête peut s’aplatir. »

 

Justement, comment peut-on prévenir ce phénomène ?

 

Dr François-Marie Caron : « La recommandation est de dormir sur le dos. Elle est impérative. Il ne faut pas que les enfants soient placés sur le ventre, en raison du risque de mort subite. Et pas non plus sur le côté car les enfants peuvent très bien glisser sur le ventre, et une fois dans cette position ils sont incapables de bouger avant l’âge de 4 mois. Ils sont donc dans une position dangereuse. Ce que l’on peut faire, c’est de les faire dormir une fois la tête en haut du lit et une autre fois au pied du lit, avec un mobile sur le côté pour attirer leur attention et les obliger à tourner la tête. Mais par contre on dort toujours sur le dos sans oreiller et sans couverture. Dans la journée, très concrètement il faut éviter au maximum de laisser les enfants dans le fauteuil relax car ils gardent souvent la tête du même côté. Il faut aussi les faire jouer sur le ventre deux fois par jour sur un tapis d’éveil. Et puis les porter le plus souvent possible le premier mois car dans les bras ils ont moins la tête appuyée sur quelque chose. »

 

Quelles sont les conséquences de la plagiocéphalie ?

 

Dr François-Marie Caron : « Nous ne sommes que dans l’esthétique avec des problèmes d’orthodontie dans les cas les plus graves. La plupart du temps, cela se corrige tout seul même sans casque. Aucune preuve scientifique n’a montré une efficacité quelconque de tous les moyens luttant contre la plagiocéphalie, sauf les conseils de prévention et le temps. Avec le temps, la tête devient de plus en plus ronde. Il y a beaucoup de commerce autour de ce problème. On trouve les coussins tête plate, les matelas cocoonant. Tout ce qui s’ajoute au matelas ferme sans oreiller ni couette dans le lit est du commerce et peut même favoriser la plagiocéphalie. En outre, l’ostéopathe peut donner des conseils de positionnement à la maison mais ce n’est pas lui qui va réduire la plagiocéphalie. Le crâne d’un enfant ne bouge pas comme cela. Mieux vaut se diriger vers un kinésithérapeute qui est un professionnel médical formé à lutter contre le torticolis. »